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Témoignage de Cyril, accompagnateur au groupe de solidarité Javel - Mai 2008.
Cela fait environ 8 ans (les membres fondateurs de la première heure se reconnaîtront) que je participe avec une assiduité moyenne à la vie de notre groupe de solidarité. Et je dois dire que cet engagement m'a beaucoup apporté. Echanger avec vous sur ces situations de recherche parfois desespérées et rencontrer des personnes souvent mal "embarquées" mais généralement profondes et presque toujours attachantes m'a aidé à relativiser mes petites galères et à prendre conscience de ma situation de nanti. Ce fut aussi un engagement dont l'aspect concret me correspondait plutôt. Je me suis souvent demandé ce que j'apportais réellement à la personne accompagnée lorsque les rendez-vous s'enchainaient et que la situation n'évoluait guère. Vous partagerez sans doute cette simple réponse : a minima un fil d'humanité qui renvoie la personne accompagnée à sa propre humanité. "Si quelqu'un consacre du temps pour moi, régulièrement, généreusement, je peux avoir confiance en l'Homme et donc en l'autre (le recruteur) et en ma propre valeur".
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Témoignage de Paul, accompagnateur dans le groupe SNC Marcq en Baroeul - Mai 2002
Je suis bénévole et... j'aime ça !
De nombreux bénévoles ou non bénévoles se posent les questions suivantes. Qu'est-ce qu'un bénévole ? Existe-t-il des bénévoles heureux ?
Je crois qu'être bénévole, c'est avant tout "faire passer les autres avant soi-même". Ce principe n'est pas propre aux bénévoles, mais heureusement commun à de nombreux métiers qui nécessitent une part d'engagement vis-à-vis des autres ou de la société ; mais dans le bénévolat associatif qu'il soit d'ordre social, culturel ou autre, ce principe semble être le principe de base. Tout découle de cette ouverture aux autres.
Quel bonheur peut-on avoir à être bénévole ?
Tout d'abord il est fondamental d'y trouver un plaisir ; on peut être très motivé pour accomplir une chose sans pour autant y trouver plaisir, mais je crois par contre que pour réussir parfaitement ce que l'on fait et plus particulièrement dans le bénévolat associatif, il est indispensable d'y prendre du plaisir !
Mais... quel peut être ce plaisir ?
C'est d'abord le plaisir de donner... de donner quoi ? Son aide, ses connaissances, son accueil, son sourire. C'est aussi le plaisir de partager et surtout de recevoir, et ce que l'on reçoit est souvent d'une infinie valeur, que ce soit un sourire, un timide mais profond merci, une confiance rétablie envers soi ou envers les autres. C'est aussi le plaisir d'être en proximité avec la personne, le plaisir de rencontrer l'humain, non seulement dans sa détresse, mais celui de découvrir la confiance, souvent l'amitié qu'on réussit parfois à susciter chez la personne aidée ou accompagnée. Tout cela je le vis profondément dans mon engagement auprès des demandeurs d'emploi, particulièrement à SNC (Solidarités Nouvelles face au Chômage). L'accompagnement y est un acheminement, côte à côte, accompagné et accompagnateurs, permettant à l'accompagné exclu plus ou moins profondément du monde du travail, de retrouver confiance en lui, de redécouvrir ses valeurs, ou ses compétences, de quelque niveau qu'elles soient et de retrouver ainsi tous les atouts pour sortir du mauvais pas du chômage. Quel plaisir réel de voir tout à coup apparaître un sourire chez quelqu'un qu'on a parfois récupéré très bas ou totalement "paumé" et découragé dans ses démarches de recherches d'emploi. Ce plaisir que j'ai à être bénévole chez SNC doit être également tout aussi profond et vrai dans beaucoup d'engagements associatifs... alors : qu'attendez-vous pour nous rejoindre dans notre plaisir d'être bénévole ?
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Témoignage de Pauline, 35 ans, membre accompagnatrice à SNC depuis 1999 (groupe Contrescarpe - Paris).
J'ai connu SNC par une amie qui avait rejoint SNC depuis quelques temps.
Quelles ont été les motivations de mon engagement ?
Essentiellement pour participer à : - un projet qui est porteur de sens (aider des personnes en difficulté), - un projet qui concerne les personnes (et non les organisations ou les structures) - une action qui donne la priorité aux dimensions relationnelles (3 niveaux : accompagné, binôme, groupe), - une association qui agit (et n'est pas seulement dans la réflexion) et cette action est concrète, Le chômage et la recherche d'emploi sont des questions pour lesquelles je me sens concernée. Autre motivation : rencontre avec des gens enthousiasmants.
Depuis le début de mon adhésion au groupe de solidarité, quels sont les éléments ou les événements qui ont fait que je continue à en faire partie ?
- expérimentation de relations avec des gens souvent différents de ceux que je fréquente habituellement et développement de l'aptitude à communiquer avec eux, diversité des domaines et des questions abordés au travers des problèmes rencontrés par les personnes accompagnées, recherche de solutions dans des directions multiples qui force à être imaginatif et créatif. - qualité des relations et des échanges au sein du groupe de solidarité liée aux personnes qui le composent. - association structurée dans laquelle on se sent épaulé : on s'aperçoit que l'on peut faire quelque chose (même si c'est limité et pas toujours efficace) dans un domaine - le chômage - qui paraît nous dépasser complètement. - je trouve important, bien que j'y participe peu, que SNC soit engagé dans une réflexion sur les pratiques d'accompagnement, sur les problèmes sociaux liés au chômage, s'exprime dans le débat public...
Ce que je dirais à une personne qui envisage de rejoindre SNC ?
Un des gros problèmes pour ceux de nos générations est le manque de disponibilité (en temps et d'esprit) de gens confrontés à une vie professionnelle exigeante, souvent harassante. On en est souvent réduit pendant le temps libre disponible à tâcher de " se changer les idées " plutôt qu'à entreprendre une activité plus constructive. Parallèlement, face à des sollicitations très nombreuses, on a tendance à se disperser dans des activités pas toujours satisfaisantes. Ceux qui sont mariés ou qui ont une vie de famille, consacrent prioritairement leur temps libre à des activités avec le conjoint ou les enfants. Les célibataires, quant à eux, sont souvent happés par une multitude d'activités (compensatrices ?), qui traduisent certains besoins, manques et aspirations mais n'y répondent pas toujours bien ! Une chose me paraît importante : on s'engage dans une activité associative aujourd'hui parce qu'on y trouve quelque chose pour soi-même. L'utilité du projet, bien que nécessaire, est loin d'être suffisante. Les activités associatives sont aujourd'hui en concurrence avec les activités de développement personnel qui fleurissent dans tous les sens !
Qu'est-ce que peut apporter SNC à un membre bénévole jeune ?
Voici mes suggestions… 1- C'est un lieu de rééquilibrage par rapport à certaines activités et valeurs : Dans le monde du travail et de l'entreprise, le sens final de l'action est souvent obscur, la logique économique et financière a tendance à reléguer la personne au second plan et ne plaide pas pour les valeurs de générosité, solidarité, respect des personnes. Dans l'activité d'accompagnement, l'action à un sens lisible, la personne est au premier plan, les valeurs humaines ont leur place. 2- C'est un lieu de formation, de réalisations, de développement personnel : SNC peut offrir un cadre différent, compensateur, ou complémentaire du cadre professionnel et des réseaux amicaux, pour le développement ou l'exercice de compétences difficiles à exprimer en ces lieux : on est autonome et libre, on prend des décisions, on est responsable, on s'engage, on acquiert ou développe des compétences relationnelles utiles dans différents aspects de la vie, on a accès à des formations,… 3- Je considère que le groupe de solidarité SNC est : lieu d'échanges ; lieu social, solidaire, amical ; lieu d'ancrage ; cadre d'une activité régulière, structurante et valorisante où l'on trouve une qualité de relation… Pour ceux qui manquent de tout ça. Nombreux ? Il faut évidemment que le groupe soit sympa !!!
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Léonie et Xavier - Accompagnateurs dans le groupe SNC de Nantes
Accompagner Gaël : un vrai bonheur pour le binôme SNC.
Gaële s'installe à Nantes fin 1995 avec ses deux garçons, à la suite d'un divorce, et entre en contact avec le groupe SNC de Nantes quelques mois après. Auparavant, elle exerçait une activité de graphiste maquettiste ; elle est autodidacte dans ce domaine.
Après plusieurs mois d'accompagnement, avec pour objectif une recherche d'emploi dans le prolongement de son expérience professionnelle, elle effectue, sur le conseil d'une amie, un remplacement comme adjointe d'internat dans un institut accueillant des enfants mal voyants avec handicaps. Étant appréciée pour la qualité de son travail, d'autres remplacements lui sont proposés régulièrement pendant deux ans.
Ainsi, se construit un nouveau projet professionnel correspondant pleinement à ses aspirations. Gaële souhaite désormais travailler auprès d'enfants ou d'adolescents handicapés. Le rôle du binôme est donc alors d'accompagner cette réorientation, qui consiste à passer de l'infographie à un métier d'aide éducatrice spécialisée. Le chemin d'accès n'est pas facile, car le diplôme d'A.M.P. (Aide Médico Psychologique) s'obtient en deux ans et uniquement par une formation en cours d'emploi. Une issue sera trouvée grâce au réseau relationnel d'un membre du groupe SNC qui oriente Gaële et ses accompagnateurs vers le gestionnaire de plusieurs établissements spécialisés susceptibles d'employer Gaële. S'il n'a pas lui-même de piste à proposer dans les établissements qu'il gère, il est intéressé à la fois par le parcours de Gaële et la démarche SNC. Aussi, fait-il jouer son propre réseau de contacts pour trouver finalement un établissement acceptant d'employer Gaële qui signe un contrat C.E.C. en juin 2000. Gaële débute sa formation d'A.M.P. en 2001. Ici l'accompagnement se termine. En mars 2002, Gaële est reçue aux examens validant sa première année.
"Durant cet accompagnement qui a duré 4 ans, nous avons reçu beaucoup, car nous avons vécu une vraie rencontre dans une relation d'égal à égal. Nous avons en particulier appris qu'une clé de réussite consiste à respecter le rythme souhaité par la personne accompagnée, ce qui est particulièrement déterminant dans un parcours de réorientation. Gaële nous a aussi fait part avec émotion de difficultés ou de moment positifs qu'elle a bien voulu formuler afin qu'ils apparaissent dans le projet de Livre Blanc des demandeurs d'emploi."
Lire aussi l'article sur Gaël paru dans Ouest France le 31 mai 2003 |
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